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La trêve au Palais Neptune 2016

Un peu de culture, d'où vient l'expression "La trêve des confiseurs"... Le Palais Neptune sera fermé au public du 17/12/2016 jusqu'au 01/01/2017

Publié le 13/12/2016

D'où vient l'expression la trêve des confiseurs ?

Par Frédéric de Monicault Publié le 26/12/2015 à 08:46 | Le Point.fr

"L'instauration d'une période de répit pendant les fêtes remonte au Moyen Âge. Même si cette accalmie est souvent restée lettre morte... S'échanger des bonbons, des douceurs et des friandises en tous genres : la trêve des confiseurs, qui court entre Noël et le jour de l'an, évoque fatalement le chemin des boulangeries. Mais sait-on que cette tradition remonte plusieurs siècles en arrière ? Au Moyen Âge très précisément, aux alentours de l'an 1000 : on parle alors de trêve de Dieu, une période que Louis IX, le futur Saint-Louis, entend systématiser. Le roi n'agit pas seul, il est conseillé par des ecclésiastiques qui veulent que les seigneurs cessent de faire la guerre pendant les fêtes spirituelles et les semaines qui les précèdent (Avent, Noël, Carême, Pâques…). Face aux plus récalcitrants, l'Église brandit l'arme de l'excommunication.

Après le Moyen Âge, c'est la IIIe République qui ancre définitivement la trêve des confiseurs dans le calendrier (et dans le vocabulaire), mais cette fois sous un angle résolument laïque. Les parlementaires, qui s'écharpent joyeusement à la Chambre, veulent profiter de quelques jours autour du 1er janvier pour faire retomber la pression. Dans ses mémoires, le duc de Broglie brosse le cadre de ce nouveau climat : « On convint de laisser écouler le mois de décembre (1874) pour ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précède toujours le jour de l'an. On rit un peu de cet armistice, les mauvais plaisants l'appelèrent la trêve des confiseurs. » Celle-ci est calée dans l'agenda : elle démarre le 31 décembre avec les dernières séances au Parlement et dure jusqu'au deuxième mardi du mois de janvier. Donc quelques heures hors du monde.

Pendant la Première Guerre mondiale, on ne parle plus de trêve des confiseurs mais de trêve de Noël. Avec un épisode très précis à la clé : le 25 décembre 1914, sur le front belge, des soldats britanniques à l'abri de leurs tranchées entendent pointer des chants des positions ennemies : ils s'aperçoivent ensuite que les Allemands ont placé des sapins de Noël le long de leurs défenses. Les combattants, laissant alors l'arme au pied, entament un moment de fraternisation qui se répétera en 1916, et notamment pendant les fêtes de Pâques. Si les historiens s'intéressent régulièrement à ces quelques heures « hors du monde », ils précisent aussitôt qu'elles n'ont pas freiné les combats et les effroyables bilans de la Première Guerre mondiale. La trêve de Noël s'avérant un phénomène extrêmement isolé».